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Bruxelles, le 13 avril 2005
Transport routier : l’Europe
sociale avance
Le Parlement Européen vient de voter en deuxième lecture sur
un projet de nouvelle législation européenne qui améliore le temps de
conduite et de repos des chauffeurs routiers. Cette législation
renforce également le contrôle. Ces dispositions doivent encore faire
l’objet d’une finalisation entre le Conseil des ministres et le
Parlement avant leur adoption définitive. « Grâce à sa capacité
d’adaptation et son dynamisme, le transport routier peut tirer
pleinement parti du marché européen », a déclaré Jacques Barrot,
Vice-Président en charge des transports, « mais il faut des règles
communes dans le domaine social et de la sécurité routière.
L’Europe sociale existe et elle est en marche. Je me réjouis de ces
avancées que j’ai défendues personnellement au Parlement et qui protègeront
les conditions sociales à l’intérieur de l’Europe. Elles
renforceront également la sécurité routière. Nous imposerons
notamment partout en Europe de respecter un « week-end »
pour le repos des chauffeurs ».
La législation sur le temps de travail des routiers qui est entrée
en vigueur le 23 mars sera donc bientôt complétée par un nouveau
paquet législatif qui a fait l’objet ce jour d’un vote favorable en
seconde lecture au Parlement européen. Ce paquet renforcera les
dispositions d’un règlement de 1985 concernant les temps de conduite
et de repos des conducteurs.
Les règles sociales dans le transport routier, adoptées à la
majorité qualifiée, visent à garantir des conditions de concurrence
équitable dans un secteur caractérisé par de faibles marges bénéficiaires
et soumis à d’importantes pressions de la part des chargeurs et de
l’industrie. Il s’agit d’éviter que certaines entreprises ne
mettent en péril les conditions sociales, la santé ainsi que la sécurité
des conducteurs et celle de tous les usagers de la route, dans le seul
but d’obtenir des marchés.
Le nouveau paquet[1]
renforce les moyens pour faire respecter l’Europe sociale sur le
terrain. En plus du temps de repos journalier obligatoire, il introduira
un temps de repos obligatoire des conducteurs d’au moins 45 heures
consécutives toutes les deux semaines. Ce « week-end » des
chauffeurs routiers sous la forme d’un véritable repos de deux jours
plein au moins toutes les quinzaines, est inconnu dans la plupart des
pays membres. C’est une innovation majeure pour le bien être des intéressés,
de leurs familles et la sécurité de tous.
Une autre mesure importante est la réduction du temps de conduite
maximale des chauffeurs routiers. Ils peuvent aujourd’hui rouler
jusqu’à 74 heures hebdomadaires. Lorsque ce texte sera en vigueur,
aucun chauffeur routier européen ne pourra conduire plus de 56 heures
par semaine. Plusieurs Etats vont devoir revoir leur législation dans
le sens du progrès social. Ceci complète le dispositif déjà en
vigueur depuis le 23 mars d’une semaine de travail à 48 heures
maximum en moyenne sur une durée de quatre mois.
Le projet de législation prévoit que ce sont les employeurs (en
co-responsabilité avec les chargeurs) et non plus les conducteurs qui
seront tenus responsables en cas d’infraction. La faute ne reposera
plus sur les chauffeurs qui sont sous pression. Tous les acteurs seront
ainsi responsabilisés.
Un Etat membre pourra sanctionner les infractions commises dans un
autre Etat membre et immobiliser un véhicule en cas d’infraction
grave. Cette extraterritorialité des sanctions et poursuites est une
innovation majeure à laquelle la Commission réfléchit également pour
le trafic routier non professionnel.
Afin de veiller à l’application correcte de ces règles, le
tachygraphe, instrument permettant de contrôler les périodes de
conduite et de repos, passera en août 2005 à l’ère électronique.
Outre un suivi plus précis des activités du conducteur, il diminuera
considérablement les possibilités de manipulation frauduleuse. « Je
me suis fermement opposé à tout nouveau délai pour l’entrée en
vigueur de ce tachygraphe électronique, véritable gendarme
embarqué » a encore déclaré Jacques Barrot.
Ces nouvelles règles s’accompagneront d’un renforcement des
contrôles routiers[2]
qui passeront progressivement de 1% à 3% du temps total de travail
d’ici 2011 et qui verront un triplement des opérations menées
conjointement par les Etats membres. Des exigences minimales en matière
de formation et d’équipement seront introduites ainsi qu’un système
électronique d’échange d’information entre Etats membres, ce qui
permettra une meilleure coopération entre les autorités nationales en
charge des contrôles.
Voir aussi MEMO/05/122
du 11 avril 2005.

[1] Proposition de règlement
du Parlement européen et du Conseil relatif à l'harmonisation de
certaines dispositions en matière sociale dans le domaine des
transports par route (COM/2001/573)
[2] Proposition de
directive du Parlement européen et du Conseil établissant les
conditions minimales à respecter pour la mise en œuvre de la directive
2002/15/CE et des règlements (CEE) no 3820/85 et (CEE) no 3821/85 du
Conseil concernant la législation sociale relative au activités de
transport routier